‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 107 sur 563 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

THÉONIS, ARISTOMÈNE, LÉONIDE.

THÉONIS.

Père de la patrie , Recevez....

ARISTOMÈNE

Théonis , je hais la flatterie.

Que voulez-vous de moi?

THÉONIS.

Le sénat prévenu, Dans son inimitié ne vous a pas connu. Mais d'un noble retour son erreur est suivie. Devant vous tout se tait , et l'orgueil et l'envie. Il ne tient plus qu'à vous , qu'aux yeux de tout l'État On rétracte un arrêt dont rougit le sénat. Pour vous, pour l'univers, quel plus touchant spectacle? Encore un pas, seigneur, vous n'avez plus d'obstacle. Vous avez de l'armée arrêté la fureur.

Vous êtes adoré , mais elle est en horreur ; Et de vos lieutenants la révolte impunie , Laisserait d'un soupçon votre gloire ternie. On dirait ( car l'envie est féconde en détours ) , Que vous avez vous-même imploré leur secours; Que, content d'effrayer l'autorité publique,

i3/, ARISTOMENE.

Votre orgueil a fait ])lace à votre politique;

Que (lu sénat eufin redoutable rival,

De votre ambition c'est le premier signal,

Et l'essai tl'un pouvoir qui vous faisant connaître,

Vous avertit enfin de trembler sous un maître.

Prévenez ces soupçons, seigneur.

Je vous entends.

Est-ce à vous que je dois ces avis importants, Ou sont-ils du sénat la volonté suprême ?

Je parle au nom du peuple et du sénat lui-même. On pardonne à l'armée un aveugle attentat ; Mais les chefs sont garants des erreurs du soldat. Libres dans votre camp, de vous seul ils dépendent; Et c'est à vous, seigneur, que les lois les demandent. Sans doute il est affreux de punir vos amis D'un crime que pour vous leur ardeur a commis; Mais aux dépens des lois si vous pavez leur zèle, La république en vous ne voit plus qu'un rebelle. Vous le dirai-je enfin? L'échafaud est tout prêt, Léonide et Leuxis vont subir leur arrêt. On m'attend. Au sénat que voulez-vous répondre?

ARISTOMKNE.

Rien.

ARCiRE, a Thconis.

J'y vole. Et c'est là que je vais te confondre.

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