ACTE V, SCENE V. i
ARIST OMÈNE.
Non , jamais. Cependant, et tes jours en dépendent. Et des jours de mon fils c'est le prix qu'ils attendent.
LÉON IDE
Ton fils est libre.
ARISTOMÈNE
Et toi, n'es-tu pas dans les fers?
LÉ ONIDE.
Quand tu peux le sauver, c'est donc moi qui le perds? Cruel ! c'est donc ainsi que tu connais sa mère ? Sors de ces murs, va, sauve une tète si chère. Qu'on le garde, qu'il vive à l'abri du danger,
( à part. ) Et que je meure. Un jour il saura me venger.
ARISTOMÈNE
Et sa mère en ces lieux resterait prisonnière !
LÉONIDE
Laisse-moi seulement pour ressource dernière....
ARISTOMÈNE
Quoi?
LÉONIDE
Ce fer!
ARISTOMÈNE
De ce fer , qui , moi , t'assassiner !
LÉONIDE
Sur l'infâme échafaud veux-tu me voir traîner ?
A R ISTOMÈNE.
Eh bien ! mourons ensemble ; et tu n'as qu'à me suivre.
LÉONIDE
Cruel !
ARISTOMÈNE
Tu veux mourir, et me forcer de vivre!
LÉONIDE
Tu le dois.
i?G ARISTOIVIENE.
\ [l I STO M t N K.
.le ne ptiis.
Meurs donc désespère > Mais le sorl de Ion fils l'as-tu bien assuré? Tietinie des niccliants , ou du vife |)eut-«*tre , Que veux-tu qu'il devienne avant de se eonnaître? Saura-t-il de l'exemple éviter les appas? Mille pie'j^es eouverts sont tendus sous ses pas. O mon fils! dans un eamj) où règne la licence, Ton père aura laissé ton aveugle innocence ! Est-ce là ce héros que tu m'avais promis? Quels seront ses conseils, ses soutiens?
ARISTOMÈNE
Mes amis.
Tes amis ! il aura des Théonis pour maîtres; Des Dracons pour tuteurs; pour modèles, des trailre>. Vis pour l'en garantir, ou va l'assassiner. - Je te pardoiuie tout, hors de l'abandonner. Je meurs pour t'épargner de plus grands sacrifices , Pour dérober ton fils, tes amis aux supplices. Ils ont tout fait pour toi ; songe à les secourir. "Vis, c'est là ton devoir. Le mien est de mourir. A rompre ses liens mon ame est toute prête. Donne-moi ce fer.
(e//e se saisit du poignard.)
ARISTOMÈNE
Non ! c'est à moi-même....