ACTE I, SCENE V
Je suis loin d'envier ses coupables succès!
DEN YS
Puis-je assez m'attacher un ami si fidèle !
Ta fille a-t-elle appris le choix que j'ai foit d'elle?
A cet excès d'honneur, dont j'étais confondu, Dans mon étonnement je n'ai point répondu. Mais, seigneur, sur la foi d'une sainte promesse, J'ai du prince à ma fille avoué la tendresse; Et l'espoir d'être unis , fonde' sur notre aveu , Dans leur ame a fait naître et nourri ce beau feu. Même ils n'attendent plus que l'heure fortunée Où doit briller pour eux le flambeau d'hyménée.
Je le sais. Mais ta fille , en épousant son roi , Devient un nœud de paix entre mon peuple et moi. L'amour de mes sujets , acquis à ta famille , Sera transmis pour dot à l'époux de ta fille. C'est par-là , cher Dion , que je veux les calmer. Ils m'ont craint trop long-temps; je veux m'en faire aimer; C'est le prix que j'attache à ce nœud politique ; Et tu sais que tout cède à la cause publique. D'ailleurs, par d'autres soins mon fils est occupé. Ah! si dans mon attente il ne m'a point trompé, Dion, quel successeur je laisse à mon empire! A peine a-t-il appris mes desseins sur l'Épire , Que pour y commander il est venu s'offrir. Il ne voit que la gloire , et brûle d'y courir.
DION
A son âge ! sans guide et sans expérience !
DE NY s.
Je n'ai pu résister à son impatience.
Pour un fils vertueux que ne ferait-on pas i'
DION
Seigneur, j'espère au moins accompagner ses pas..
i DENYS-LE-TYR AN,
Il I. N Y S.
S'il parfait avec toi, jiion cœur serait tranquille;
Mais j'atti-ntls de ton zèle un secours plus utile.
Carthage contre moi soulève mes états :
Elle excite mon peuple aux plus noirs attentats;
Et les ports et les murs qu'elle occupe en Sicile,
A.U coupable transfuge assurent un asyle.
Je veux tenter enfin , i)ar de nouveaux efforts ,
De chasser à jamais l'Africain de ces bords;
Et tandis que mon lils marchera vers l'Epire ,
Il faut qu'à ce projet ta priulence conspire.