‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 115 sur 563 · CLÉOPATRE, ANTOINE · texte numérisé non relu

CLÉOPATRE, ANTOINE

CLKO PAT RE.

\ ous me fuyez , Antoine !

ANTOINE

Ah! je fuis la lumière.

Actium ! jour funeste ! opprobre de mes jours ! Ce que tu m'as fait perdre est perdu pour toujours.

CL tO PAT R K.

Hélas ! il est trop vrai : mes honteuses alarmes De ta main triompliante ont fait tomber les armes. La peur d'être enchaînée à la suite d'un char, Troubla, je l'avouerai, la veuve de César; Et ce trouble insensé me rendit trop coupable. Mais de t'avoir trahi me croirais-tu capable?

ANTOINE

Non, non, ce n'est pas vous que j'accuse ; c'est moi, Qui d'un aveugle amour suivant l'indigne loi, Dans mon égarement ai perdu la victoire, Et l'empire du monde, et le soin de ma gloire.

CLÉOPATRE

Votre rival. Octave, a fui devant Brutus.

ANTOINE

Octave, à force d'art se passe de vertus. L'adresse ou le bonheur lui tient lieu de courage . Il sait, pilote habile, échajiper à l'orage, Maîtriser prudemment sa fortune et son cœur. Et sur ses passions dominer en vainqueur. Et moi, de tous mes sens trop malheureux esclave, Victime d'un penchant méprisé par Octave , A mes fougueux désirs sans cesse abandonné , De mes propres erreurs chaque jour étonné. Et ne devant l'estime et du inonde et de Rome

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