CLÉOPATRE, ANTOINE
CLKO PAT RE.
\ ous me fuyez , Antoine !
ANTOINE
Ah! je fuis la lumière.
Actium ! jour funeste ! opprobre de mes jours ! Ce que tu m'as fait perdre est perdu pour toujours.
CL tO PAT R K.
Hélas ! il est trop vrai : mes honteuses alarmes De ta main triompliante ont fait tomber les armes. La peur d'être enchaînée à la suite d'un char, Troubla, je l'avouerai, la veuve de César; Et ce trouble insensé me rendit trop coupable. Mais de t'avoir trahi me croirais-tu capable?
ANTOINE
Non, non, ce n'est pas vous que j'accuse ; c'est moi, Qui d'un aveugle amour suivant l'indigne loi, Dans mon égarement ai perdu la victoire, Et l'empire du monde, et le soin de ma gloire.
CLÉOPATRE
Votre rival. Octave, a fui devant Brutus.
ANTOINE
Octave, à force d'art se passe de vertus. L'adresse ou le bonheur lui tient lieu de courage . Il sait, pilote habile, échajiper à l'orage, Maîtriser prudemment sa fortune et son cœur. Et sur ses passions dominer en vainqueur. Et moi, de tous mes sens trop malheureux esclave, Victime d'un penchant méprisé par Octave , A mes fougueux désirs sans cesse abandonné , De mes propres erreurs chaque jour étonné. Et ne devant l'estime et du inonde et de Rome