‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 120 sur 563 · ACTE I, SCÈNE VII. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VII. i

Antoine ? On m'a vanté les charmes d'Octavie : Elle a mille vertus , elle est digne de toi ; Mais est-elle sensible et tendre comme moi? Cléopâtre en beauté peut craindre une rivale; Mais en amour, jamais elle n'aura d'égale.... Que dis-je ? Et n'est-ce pas cet amour effréné Qui dans le précipice avec moi l'a traîné ? Quel abyme ! et c'est moi qui l'y retiens encore! Et loin de me haïr, le malheureux m'adore! Dans l'oubli de lui-même il a pour moi vécu ; C'est moi qui, pour Octave, en fuyant l'ai vaincu. Hélas! il est trop juste, il n'est que trop possible Qu'aux larmes d'Octavie il devienne sensible : Tout parle en sa faveur, tout parle contre moi, Le passé, l'avenir, l'état où je le voi. Les murmures d'un camp, les reproches de Rome, Le cri des nations, qti'intéresse un grand homme. Forçons-les de me plaindre , et du moins d'avouer Que ce cœur, en victime , a su se dévouer.

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