ACTE II, SCENE VI
J'ai su pourvoir à tout, et u'ai rien hasarrlé.
A chaque e'vénement chaque poste est gardé ;
Et des temps et des lieux mou armée avertie.
N'attend que le signal d'une prompte sortie.
Enfin, du noble espoir de revenir vainqueur
J'ai pour garants les dieux , la justice et mon cœur.
Mais , quoi ! vous ni'écoutez dans un morne silence!
Dites-moi donc au moins qui vous fait violence?
De venger nos amis perdez-vous le dessein.
Mon père? ah! s'il est vrai, vous me percez le sein.
Ma vie est attachée au digne sang d'Hercule.
Quoi , prince !
I OLAS.
STÉNELUS.
Il n'est plus temps qiie mon cœur dissimule. Oui, mon père, en servant d'illustres malheureux, J'ai cru n'être d'abord que juste et généreux ; Aux traits de la pitié l'amour joignant sa flamme Se changeait en vertu pour entrer dans mon ame. ■ Et comment résister au charme intéressant Que prête à l'innocence un danger si pressant? Comment à la beauté refuser son hommage , Lorsqu'elle est du malheur la plus toucliante image? Comment voir Olympie et ne pas l'adorer? Mon père, en la servant, laissez-moi m'honorer. Je suis digne de vous, si je suis digne d'elle. Des plus hautes vertus son ame est le modèle. C'est la fille d'Hercule, Hercule a des autels; Et ce nom seul l'élève au-dessus des mortels.
DÉMOPHON
Olympie à vos vœux serait-elle sensible ?
ST EN ÉLU s.
Pouvait-elle éprouver, dans ce moment terrible. Quelque autre sentiment que celui du malheur? Et l'amour peut-il naître au sein de la douleur?
■1^'x LES lli:i\ A^CLIDES.
Ali! loin cl'a]>])(sniitir «ello cliaînr iiiij)ortiine Dont souvent les hicnfiiiis aciablcnl l'inforlimc, Au moins dans le nialiu iir respectons sa fierté, Et laissons à son cœur toute sa liberté.
Je réponds de ce cœur, prince.
STKN ÉLUS.
Il veut que j'espère, Seigneur : vous l'entendez; et vous êtes nitui père.
A des soins plus pressants, mon fils, vous vous devez. Mais si jusqu'à son cœur vos vœux sont élevés, Méritez-la; soyez aux yeux d'Hercule même Digne par vos vertus que sa fille vous aime.
STKIV K I-US.
Qu'entends-je? à ses transports mon cœur ne suffit pas. J'embrasse vos genoux , et je vole aux combats.