‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 182 sur 563 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

OLYMPIE, lOLAS.

OLY MPIE.

JLje jour luit, et l'armée est encore immobile !

Nous aurait-on flattés d'un espoir inutile?

Non , Slénélus commande; et s'il a diffe'ré,

J'en augure un triomphe encor plus assuré.

Hier, à tout un peuple inspirant son courage,

Comme il était tranquille au milieu de l'orage !

Et d'un fourbe insolent comme il sut d'un coup-d'ceil

Défier la menace et confondre l'orgueil !

O toi, qui fus témoin des triomphes d'Alcide ,

N'était-ce pas ainsi que son ame intrépide

(S'il daignait quelquefois partager ses lauriers)

A dompter les tyrans animait ses guerriers?

Quel digne soin pour lui, s'il eût, dans sa vieillesse,

Du vaillant Sténélus pu former la jeunesse!

Il aurait reconnu le sang de son ami ;

Sur les pas de Thésée il l'aurait affermi;

Et peut-être, à sa mort, en lui léguant ses armes.

Il eût choisi sa main pour essayer nos larmes !

lOLAS.

Où laissez-vous, madame, égarer vos esprits?

.i34 LES llERAriJ l)i:S.

Des vertus d'un héros notre estime est le prix.

Votre estime! Ali! je erains un sentiment pins trndrp.

Quel qu'il soit, il est juste.

J OL A s.

Il a droit d'y prétendre, Je le sais. IMais, lif'las!

Puis-je assez le clu'rir, Quand ponr nons à la mort il brûle de coinir? El quel serait, dis- moi, cet orgueil inflexible, Qui pour tant de vertus me rendrait insensible, Moi qui de tous les miens lui devrai le salut? Ah! si des malheureux l'amour est le tribut, Qu'il en reeoive au moins le noble et pur hommage.

lOI.AS.

Fille d'Hercule ! *,

Eh bien ! j'adore son image.

Avant de nie blâmer, condamne les mortels Dont le culte aux héros élève des autels. J'aime en lui le vengeur, l'appui de ma famille. A cet amour Hercule eut reconnu sa fille.

Ah ! loin de le blâmer cet amour généreux. Je ne demande au ciel que de le rendre heureux Mais , Olympie !

OLYMPIE

Eh bien !

lOLAS.

Une amitié vulgaire Croirait devoir encor vous flatter ou se taire; Et tels sont nos malheurs, à ne vous rien celer.

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