ACTE III, SCÈNE I. a
Qu'il paraît inhumain de vous les révéler. Athène en ce moment penche vers sa ruine.
OLYMPIF..
Athène !
lOLAS.
Et sur l'autel de Cérès-Éleusine , Une vierge immolée au salut de l'État , Peut seule, en sa faveur, décider le combal.
O L YM P lE.
De cela seul dépend la fortune d'Athène?
lO L AS.
Sans ce grand dévoûment sa défaite est certaine ; Mais le ciel vous protège et vous venge à ce prix.
o LVM PI F.
Les dieux seront contents , le conseil en est pris. Qu'on s'apprête au combat , la victime est offerte.
Qui?
OLYMPIE
Moi.
I OLA s.
Vous !
OLYMPIE
A tes yeux mon ame s'est ouverte Tu me connais, tu sais par quel lien caché, A la vie aujourd'hui mon cœur est attaché; Mais l'amour dans ce cœur n'est point une faiblesse. Digne de mon courage, il en a la noblesse. Je sais que des débris du destin le plus beau, La gloire est le seul bien qui nous suive au tombeau^: Hercule à ses enfants l'a laissée en partage; Et mon sang doit payer un si noble héritage.
lOLAS.
Dans le cœur d'une mère, ah ! c'est porter la mort. Éloignons-nous plutôt de ce funeste bord.
230 LES 11KRACLIT3ES.
Nous, fuir! (jikiikI les destins, à nos vreux moins contraires, Ne veulent que mon sang pour ranron de mes frères ! Que dirait-on de nous, en voyant, d'un côté, L'n peuple généreux, pour notre liberté. S'exposer aux fureurs d'une guerre sanglante; De l'autre, des ingrats que la mort épouvante, Le laisser, en fuvant, au milieu du danger, Dont le trépas d'un seul eut pu le dégager? Mourons, c'est un triomphe, et non pas un supplice. Non, ne vous flattez pas que mon cœur s'avilisse, Dieux jaloux : pou: suivez les enfants d'un rival, D'un héros que sa gloire a rendu votre égal; Plus forts que le malheur, toute votre colère Ne les rendra jamais indignes de leur j)ère. Mon sort dépend de vous, mon cœur dépend de soi; Et malgré vous du moins mes vertus sont à moi. C'en est assez, ami , je suis fille d'Alcide.
I OLA s.
Ah ! son sang vous anime , et sa vertu vous guide. Mais....
ODYMPIE.
A^a Voir Démophon. Que l'autel soit paré. Que les fleurs , le bandeau, le fer soit préparc. Mou cœur est pur.
lOLAS.
O dieux ! 6 vertueuse fille !
OL YMPIE.
.le m'immole à ma gloire ainsi qu'à ma famille ; Je m'immole au héros dont le bras nous défend. Qu'on me mène à l'autel, et qu'il soit triomphant.
O dévoùment funeste autant que magnanime ! Puis-je le condamner ou l'approuver sans crime? De votre sort , madame , accablé , mais jaloux ,