‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 190 sur 563 · OLYMPIE, DÉMOPHON · texte numérisé non relu

OLYMPIE, DÉMOPHON

OLYM p lE.

Seigneur , au désespoir vous la voyez livrée.

Théâtre. I. I^

■i\j. LES IIEllACLIDi: S.

Hélas! (les inciiu-s traits mon aine «-st déeliirée.

Mallieineiise impriMlciue ! aveugle impiété,

De vouloir lire au sein de la divinité!

JVIais d'un peuple indiscret telle est l'inquiétude,

Il ne peut de son sort souffrir l'incertitude;

Il provo({ue le ciel. Jaloux de l'avenir,

Le ciel enfin lassé consent à le punir;

Et le dieu qu'il irrite , en rompant le silence,

Ne fait que trop sentir qu'on lui fait violence.

Vous, qu'un fils, mon espoir, croit voir à son retour

Partager son bonheur, sa gloire et mon amour,

Ma fille ( pardonnez ce nom à ma tendresse ) ,

Vous voyez mes combats et l'horreur qui me presse.

Je vois trop qu'avec vous un vertueux ami

A trahi le secret dont mon cœur a frémi;

Quelle victime aux dieux faut-il donc que j'immole?

Je connais mon devoir : gardez votre parole.

iMoi , payer la victoire au prix de votre sang !

Ce sang est un tribut que je dois à mon rang. C'est pour le prodiguer qu'un héros nous le donne. Nous naissons pour mourir quand la gloire l'ordonne. Je n'affecterai point un orgueil fastueux. La nature a ses droits sur un cœur vertueux. L'état épouvantable où je laisse une mère, L'espoir de vous nommer de ce doux nom de père. L'amour de votre fils, ou plutôt mon amour. Me font avec douleur abandonner le jour. Mais je dois mériter ses vœux et votre estime. Etre digne de vous et du sang qui m'anime, Et réduite à choisir la honte ou le trépas. Je n'ai point balancé; je ne changerai j)as.

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