ACTE V, SCENE V
C'est dans le eœur d'un fils , par vos mains déchiré , D'un fils que vous aimez , et que votre furie Prive d'une moitié si tendrement chérie ; C'est au fond de ce cœur qui partage mes maux, Que vous allez trouver mes vengeurs, vos bourreaux. Son amante n'est plus : que sans cesse il la pleure ; Qu'il pleure sur sa tombe, ou plutôt qu'il y meure! Quels que soient ses regrets, ses larmes, sa douleur. Ils ne peuvent jamais égaler son malheur. Mais non. Pour le sentir il faudrait être mère. Ma fille ; c'est à moi que ta perte est amère. Le temps peut essuyer les larmes d'un amant,
L'amour au désespoir se console aisément ;
La nature elle seule , immuable , éternelle ,
Se nourrit de ses pleurs, toujours nouveaux comme elle. ( h lolas. )
Guide mes pas.
lOLAS.
Seigneur, daignez nous secourir.
DÉMOPHON
Où voulez-vous aller ?
DÉJANIRE
Voir ma fille , et mourir.
lOLAS.
Madame !
DÉJANIRE
Laisse-moi.