UN ESCLAVE
DÉJANIRE
Ciel ! ma fille ! Ah ! j'expire.
C'est toi ! Quel dieu te rend aux vœux de Déjanire!
56o LES HERACLIDES.
OLY M P I E.
Un iiéros , dont j'ai vu les exploits triomphants
Ah! prince, ô mon appui! Ma fille! mes enfants! Partai^ez mes transports. Et vous, trop heureux père., Pardonnez mes fureurs à l'amour d'une mère.
Je ne sens que ma joie et mon étonnement.
Mon fils, quel coup du sort produit ce changement?
L'amour. De vos délais mon armée inquiète, \tten(lait le signal immobile et muette ^ Et moi, dans mes souhaits aveuglé sur mon sort , Je pressais le signal , le signal de sa mort. Un dieu veillait sur elle. A mes pieds on amène Cet esclave argien, pris sous les murs d'Athène. J'apprends que de Cérès le sacrificateur, L'interprète des dieux, n'est qu'un lâche imposteur; J'apprends qu'avec Coprée il est d'intelligence, Que du tyran d'Argos il remplit la vengeance. De l'esclave suivi , dans mon trouble mortel , J'abandonne mon cainp , je vole vers l'autel , J'arrive. Quel spectacle à mes yeux se présente! C'est le couteau fatal levé sur mon amante ! « Arrête , malheureux ! si tu frappes , tu meurs. » Il frémit; il veut voir d'où partent ces clameurs, Il rencontre mes yeux que le courroux anime ; Il voit auprès de moi le témoin de son crime ; Il voit qu'il est trahi ; son bras désespéré Tourne contre son sein le glaive préparé. Il tombe dans son sang. Ma main tremblante encore Enlève de l'autel cet objet que j'adore; Et redoutant pour elle un attentat nouveau , Couverte encor du voile et ceinte du bandeau , Je la mène en triomphe aux yeux de mon armée.