‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 218 sur 563 · ACTE I, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE V

J'ai tout fait pour vous seule. Il vous abandonnait,

Ce père, que des dieux la menace étonnait.

Ln prêtre forcené répandait l'épouvante;

Dans l'éternelle nuit on vous plongeait vivante;

Le bandeau , le cercueil , tout était préparé.

Je sortis du palais, furieux, égaré....

La tombe était ouverte ; et la tremblante Ilie

Allait au rang des morts se voir ensevelie.

Les cruels, qui semblaient craindre un libérateur.

De vos pas défaillants accusaient la lenteur.

Je parais. Dans mes veux la fureur étincelle.

J'interromps l'appareil d'une pompe cruelle;

Je saisis la victime et l'arrache à la mort.

Je fuyais; mes amis secondaient mon effort;

On poursuit dans mes bras l'infidèle prêtresse.

Alors, pour écarter le danger qui vous presse,

Je livre en d'autres mains le salut de vos jours....

On m'arrête ; et je crois vous perdre pour toujours.

Un désespoir affreux de mon ame s'empare;

Au nom de jSumitor j'apprends quon nous sépare;

Je soulève à grands cris tous ces braves soldats

Instruits par la victoire à voler sur mes pas.

Je fus trop bien servi, puisque je fus coupable;

J'en suis puni. Mais vous, dont la haine m'accable,

Croyez la voir encore entr'ouverte à vos pieds,

Cette tombe où, sans moi, déjà vous descendiez;

Et là , d'un zèle atroce innocente victime ,

Osez me reprocher vos malheurs et mon crime.

ILIE.

.Te te dirais , là même, au moment de périr, Sers ton roi, crains les dieux, et me laisse mourir.

PALLANTE, AMIJLIUS, ILIE.

PALLANTE

Seigneur, venez du peuple appaiser les alarmes. Des Romains dans la plaine on voit briller les armes

Je te suis. Mon palais, où l'on va vous mener, Madame, est la prison que je veux vous donner. Si je vous y retiens , vous saurez à quel titre : Vous connaîtrez mes droits , vous en serez l'arbitre. Il en est que sans crime on ne peut oublier, Et qu'il doit m'ètre enfin permis de publier.

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