‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 223 sur 563 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

Et le cri de mon sang me faisant reconnaître ,

Je serais pardonné de les avoir fait naître.

Mais senl et sans appui, comment me déclarer?

Je la révolterai si je l'ose éclairer.

Je te laisse avec elle. Enprage avec adresse

Son ame à soulager la douleur qui la presse.

Feins d'abord de la plaindre, et parais ni'accuser;

Laisse éclater sa haine afin de l'appaiser;

Enfin s'il le fallait, pour fléchir sa colère,

Ose lui révéler le destin de son père :

Dis-lui que dans son sang ma main n'a point trempé j

Et si de le revoir à la mort échappé

L'espérance éloignée avait trop peu de charmes,

Si tu crois que leurs cœurs, amollis par les larmes,

A se laisser réduire en soient mieux disposés.

Permets-leur de se voir.

PALLAN TE.

Quoi! seigneur, vous osez!...

A MULIU s.

J'oserai tout pour elle : heureux si je l'appaise.

Mon ame est au supplice et le crime lui pèse.

Je suis las de me voir au nombre des tyrans;

Je suis las d'être en proie aux remords dévorants :

Je veux tout expier. Mais nos Albains m'attendent ;

Je vais voir ce que Rome et ses deux rois prétendent,

Moi-même au-devant d'eux m'avancer, et demain

Me présenter, le glaive et l'olive à la main.

Je te laisse en ces lieux , armé de ma puissance ,

Rends le calme à mon cœur, rends-moi mon innocence :

Si toutefois encore, après tant de forfaits,

C'est pour moi que le calme et le bonheur sont faits.

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