‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 226 sur 563 · ACTE II, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V

Mais ce peuple abattu sous le joug qui l'oppresse , Peut, à la voix d'un chef, se ranimer encor, Punir Amiilius , et venger Numitor.

Qu'entends-je?

PALLANTE

Ce qu'à peine encor vous devez croire.

J'ai cherché la fortune au défaut de la gloire : La gloire se présente, et je lui tends les bras. Les bienfaits d'un tyrau ne font que des ingrats : Je suis du nombre. Osez m'ordonner de poursuivre; Et de votre ennemi demain je vous délivre.

ILIE.

Qui me répond de vous ?

PALLANTE

Un fidèle garant, L'ambition. Pourquoi , sous un zèle apparent , Avec vous , sans objet , m'abaisserais-je à feindre ? On flatte les heureux ; mais vous n'êtes qu'à plaindre; Et voilà le moment de la sincérité.

Croyez-en le malheur que suit la vérité , Madame; et laissez-moi couronner mon ouvrage. J'ai pour aïeux des rois que ma fortune outrage ; Et je rougis sur-tout de me voir sous la loi D'un mortel plus timide et plus faible que moi , D'un mortel qui , tremblant sur le bord d'un abyme , N'a pas même l'audace et la fierté du crime.

ILIE.

Il règne cependant, et le ciel offensé.... ' '

PALLANTE

Dites un mot, madame, et son règne est passé.

ILIE.

Albe au sang de ses rois veut donc bien se soumettre?

PALLANTE

Albe est à moi , madame ; et j'ose vous promettre

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