‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 229 sur 563 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

N U MI T O R , enchaîné.

X LUS de sommeil. Eh quoi! le destin me l'envie, Ce néant passager, cet oubli de la vie ! Fantômes de la nuit cessez de me troubler. Et toi , ma fille , aussi tu reviens m'accabler ! Appaise-toi , pardonne, ombre chère et plaintive. Pour ta vengeance, he'las! il suffît que je vive. Je suis au rang des morts descendu comme toi; Mais tu dors dans la tombe. Et moi, ma fille, et moi, D'un cachot ténébreux l'impénétrable enceinte , Des murs sourds et muets à ma lugubre plainte, Ln silence funèbre, une pâle clarté, , Qu'absorbe de ces lieux la vaste obscurité, L'impuissante fureur dont le feu me dévore, Voilà ce qui me reste. Et je respire encore! Et je vieillis courbé sous le poids de mes fers! Je les ai mérités, ces tourments des enfers, Quand j'ai cru plaire aux dieux en devenant barbare. Du reste des vivants leur haine me sé])are. J'abandonnai mon sang à la mort condamné; Par un juste retour je suis abandonné.

Pour un cœur sans pitié l'on est impitoyable; Et c'est moi qui donnai cet exemple effroyable.

Page 1