SCÈNE PREMIÈRE
DENYS, ARÉTIE.
OiTR mes desseins, madame, on vous a prévenue. A mon illustre ami la cause en est connue. Le soutien de mon sceptre y doit être lié Par des noeuds plus étroits que ceux de l'amitié ; Mais ce que je lui dois, mon amour vous le donne. Vos attraits , vos vertus , dignes d'une couronne , Ont mérité pour vous ce que je fais pour lui. Soyez l'honneur du trône; il en sera l'appui. Vous vous taisez, madame, et semblez consternée!
ARÉTIE.
Seigneur, l'éclat pompeux d'un si grand hy menée , D'une ame ambitieuse exciterait les vœux. Pour moi , si de l'hymen je dois former les nœuds , Ce n'est qu'à la vertu que je rendrai les armes; Et , fuyant des grandeurs les pénibles alarmes , Un cœur juste est le trône où j'aspire à régner.
Je ne m'attendais pas à me voir dédaigner. Mais dans cette fierté , qu'un auti'e eût abaissée , J'excuse les chagrins d'une amante offensée ; Et, quoiqu'en ma faveur le devoir ait parlé , L'amour sans quelque effort ne peut être immolé
/,o DENI S-LK- TYRAN.