ACTE II, SCENE IV
Allons (le nos amis partager le malheur. Notre exil serait-il plus cruel que le leur? Pourriez-vous être heureux tandis qu'on les opprime ? Vous me l'avez appris : sous le règne du crime , La place de l'honneur est dans l'obscurité.
DION
Tu n'as jamais connu la dure adversité.
ARÉTIE.
Je sais souffrir, mon père; et que loin de cette île Vous soyez en repos, votre fille est tranquille.
DION
Tu vas donc renoncer à l'espoir le plus doux !
ARÉTIE.
J'oublierai tout le reste , et je vivrai pour vous.
DION
Ah ! le Ciel te devait un destin plus prospère.
ARÉTIE.
Le Ciel en fait assez quand il donne un tel père
DION
Quel héritage , hélas ! que la fuite , l'exil , Le malheur !
ARÉTIE.
Le malheur ! près de vous en est-il ? En est-il dont mon cœur avec vous ne s'honore ?
DION
Ah ! ce cœur m'est connu.
ARÉTIE.
Non , pas assez encore.
Puisque vous l'avez plaint , vous en avez douté.
DION, à part.
Dans mes vœux les plus chers les dieux m'ont écouté. Je révère mon sang dans "une ame si belle , Et plein d'un doux transport je me contemple en elle.
( h Arétie. ) Oui , de votre vertu votre père est content,
Ma fille. Mais, hélas! un refus insultant Va porter le tyran à quelque violence.
Et si des bras d'un père une aveugle insolence Osait vous arraciicr?
ARÉT I E.
Pourquoi vous alarmer ? Il ne peut rien sur moi, si vous daignez m'aimer.
DION
Et que peut cet amour contre la tyrannie?
Des fureurs d'Appius il sauva Virginie.
Diow, avec transport.
Ma fille ! embrasse- moi. Ta noble fermeté Dans cette épreuve enfin n'a que trop éclaté. Le tvran, il est vrai, par les nœuds d'iiyménée , A son trône aujourd'hui veut te voir enchaînée; Mais, ne crains rien. Suis-moi. Tu sauras des secrets Qui vont de ses fureurs arrêter les progrès.
FIN DU SECOND ACTE