‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 244 sur 563 · ACTE IV, SCENE II. 3o · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE II. 3o

D'accepter pour époux son vengeur, son appui? Comment puis-je compter sur la reconnaissance. Quand la nature même a si peu de puissance ?

Eh bien ! de sa prison par vos soins enlevé , Dans le camp des Romains sur nos pas arrivé. Que mon père soit libre, et qu'alors il commande; J'obéirai.

PA LL ANTE

Faut-il aussi que je dépende De ces Romains si fiers , qui ne verraient en moi Qu'un transfuge imprudent sans courage et sans foi? A. souffrir des mépris pensez-vous que j'aspire? Si l'honneur de servir avait pu me suffire , Ici . d'Araulius , favori sans rivaux , Pourquoi m'exposerais-je à des périls nouveaux? Je veux rendre à mon roi la suprême puissance ; Mais je veux m'assurer de sa reconnaissance , Prévenir un oubli trop à craindre à la conr, Obéir sous son règne , et régner à mon tour. Les moments nous sont chers. Parlez sans plus attendre. Mais qu'un mot nous décide ; et cessez de prétendre Que par de vains détours je me laisse abuser.

ILIE.

Sauve ton roi, perfide, ou je vais t'accuser.

Amulius revient, il va bientôt paraître;

Et j'obtiendrai de lui le supplice d'un traître.

P ALLANTE

Je vais vous prévenir, madame, et dans l'instant Consommer, pour lui plaire, un crime qu'il attend. Immoler Numitor.

ILIE.

Barbare ! arrête , arrête !

PALL ANTE

Pour me justifier je porterai sa tête.

3o4 NUMITOK.

Qu'ai-je fait ?

PALLANTE

Est-ce ainsi que vous récompensez?

J'ai mérité la )uort dont vous me menacez ; Mais comment , et j;ourquoi?

ILIE.

Je suis désespérée.

Pardonne au trouble affreux de mon ame égarée.

PALLANTE

Pensez qu'à son retour votre ennemi mortel,

Amulius, prétend ^ous conduire à l'autel;

Et si vous refusez d'appuyer sa puissance

Des droits qu'à votre époux transmit votre naissance,

De ces murs pour jamais il va vous éloigner,

Et s'abreuver d'un sang qu'il fiémit d'épargner.

ILIE. ,. .

Dieux vengeurs !

PA LLANT E.

choisissez , et prononcez , madame , Entre un lâche oppresseur, un sacrilège infâme, Dont le nom seul ici doit vous glacer d'horreur, Et moi, qui pour vous seule affronte sa fureur.

Non, jamais. . ,;.

PALLANTE

Allez donc, liile dénaturée, Prédire à votre père une mort assurée.

Oui , c'est à le trahir que vous vous obstinez. Je lui sauvais la vie, et vous l'assassinez. Voyez ce fer vengeur, son unique espérance.

ILIE.

Je frissonne.

PALLANTE

Aux autels jurons sa délivrance;

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