SCÈNE IV
A.M11L1U.S, ROMULUS, PALL A.NT E, st it i fi'Amu LIUS.
A .M i 1. 1 u S , à Romiilii.s.
Impriicloiit ennemi, qui viens sur re rivage Répandre l'épouvante et porter le ravage, Tu vois quel est le prix de la témérité.
R o M u L u s. Quel juge , Amulius, que la prospérité ! Tu crois donc la fortune un garant bien fidèle
AMULIUS.
L'équité, Romulus, est d'accord avec elle.
R o M u LU s.
L'équité rarement est l'arbitre des rois. Je veux bien cependant qu'elle pèse nos droits. Nous avons aux Sabius demandé des épouses. L'hymen eût réuni deux nations jalouses; Mais d'un état naissant n'ayant pu triompher. Cruel, dans son berceau tu voulais l'étouffer : Tu voulais avec lui voir périr sa mémoire, Et tarir à jamais la source de sa gloire. Tu sais à sa grandeur ce qu'ont promis les dieux. Ce présage alarmait ton orgueil envieux ; Et cent fois effrayé par la voix des oracles , Tu croyais aux destins opposer des obstacles. Tu rendis, comme toi, Tatius inhumain.
Fallait-il t'immolcr l'espoir du nom romain? Interdire la vie à la race future?
Vieillir sans descendants et trahir la nature? Réduits, par vos refus, à cette extrémité, JNous avons pris conseil de la nécessité. Nos crimes sont les tiens. Le sort a fait le reste.