‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 256 sur 563 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Ne faites plus languir et souffrir la victime.

De mes malheureux jours je vous fais l'abandon.

Tranchez-les, par pitié : ce sera mon pardon.

Ou si pour me punir vos mains sont trop timides ,

Vous avez des vengeurs courageux , intrépides ;

Appelez vos enfants.

ILIE.

Barbare, ils sont les tiens.

AMULiDS, à ses pieds.

.Te suis donc votre époux.

ILIE.

O funestes liens !

AMUtIUS.

Us sont sacrés.

Ils sont l'horreur de la nature.

Après ton sacrilège , après ton imposture , Que fallait-il de plus pour te rendre odieux , Parricide ? Et tu crois avoir fléchi les dieux ! Et tu crois à ton joug me tenir enchaînée! Mais de toi seul encor dépend ta destinée. C'est à toi d'expier un amour criminel. C'est à toi d'obtenir un pardon solennel. Tu le peux. Je retiens le cri terrible et tendre Que mon sang indigné devrait te faire entendre; Mais mon fils va venir , par un dernier effort , Appeler la nature au secours du remords. Ecoute, Amulius, cette voix redoutable : Ne sois plus à mes veux un monstre épouvantable ; Et tes égarements , et tes crimes passés, Ma honte , mes malheurs , seront tous effacés.

( Elle sort. ^

AMULIUS.

Ah ! tu veux , je le vois, cpie mon sang les efface. Tu n'oses prononcer ce qu'il faut que je fasse;

3i8 TVUMITOn.

Mais je tVntrnfls, Ilie! rt pn-t à sucrombnr,

Je sais dans quelles mains tu veux me voir tomber.

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