ACTE V, SCENE III. '..r
ïra-t-il préférer la vengeance au pardon ,
Faire voir qu'en bonté le coupable l'efface,
Se charger de sa honte, et se mettre à sa place?
Non , seigneur. Plus sévère envers vous que les dieux,
Nuniitor à jamais se rendrait odieux.
Il voudra s'honorer par un trait de clémence ;
Et déjà dans son cœur son triomphe commence.
Ce n'est pas que sa haine ait rien dissimulé ;
Mais il a vu sa fille , et ses pleurs ont coulé.
Dès qu'il s'est attendri, sa douleur moins farouche
Peut souffrir qu'on l'appaise, et permet qu'on le touche.
Le chagrin ne l'a pas encor dénaturé.
Il se laisse émouvoir; rien n'est désespéré.
AMULIUS.
Vous soulagez mon cœur.
A GÉN O R
Oserez-vous m'en croire ?
Quel que soit le danger, n'écoutez que la gloire. On a vu mille fois le crime couronné ; Mais qu'un rebelle heureux , sans s'y voir condamné . S'arrache la couronne et la rende à son maître, Ce triomphe à vous seul est réservé peut-être. Enfin, seigneur, enfin le crime est révélé : Il est temps qu'il s'expie ; et, ce jour écoulé. Ou Numitor est libre, ou n'est plus sous ma garde. Mes devoirs sont remplis; le reste vous regarde.