‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 259 sur 563 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

AMULIUS, PALLANTE.

Pallante , aurais-je encor l'espoir de le fléchir ?

PALLANTE

D'espoir, il n'en est qu'un : c'est de vous affranchir.

320 NIÎMITOII.

C'est de rompre un lien qui vous traîne au suppliée De faire à votre gloire un entier sacrifice , De renoneer aux noms et de f;;endre et d'époux, Et de régner en paix sur vous-même et sur nous.

A iM u L I u s.

Étouffe doue en moi le chagrin qui me tue. Rends le calme et la force à mou ame abattue. Après le long tourment d'un inutile espoir, Uends un père insensible au bonheur de revoir Ses enfants réunis dans les bras de leur mère.

PALLANTE

Vos enfants !

AMULIUS.

Oui, le ciel , peut-être en sa colère.

Pour m'accabler encor, me les rend aujourd'hui. Romulus en est un. L'autre règne avec lui.

Et leur mère est sans doute enfin désabusée.''

AMULIUS.

Leur mère est confondue , et n'est point appaisée.

PALLANTE

Non, seigneur, votre sang la peut seul appaiser.

AMULIUS.

Que dis-tu ?

PALLANTE

Ce qu'enfin je ne puis déguiser.

Et que n'ai-je point fait pour fléchir sa colère? Mais elle n'a parlé que de venger son père. Je vous l'ai dit. D'abord j'ai feint de vous trahir, D'un chimérique espoir j'ai feint de m'éblouir; Et dans sa confiance ayant su m'introduire, A tomber à vos pieds j'ai voulu la réduire : J'ai voulu voir la fille et le père accablés ; Et pour les émouvoir je les ai rassendjlés. Mais loin de s'amollir, leurs cœurs d'intelligence.

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