N U M I TO R
Qu'il meure.
Ro M u LU s.
Eh bien ! sachez....
NUMITOR.
Je ne veux rien savoir.
Je veux que tout sanglant à mes pieds tu le traînes. Vois sur ces bras meurtris l'empreinte de mes chaînes. Vois ces cheveux blanchis , vois ces débiles yeux, Ces yeux vingt ans privés de la clarté des cieux. Regarde en quel état il te rend sa victime.
RO M u LUS.
Quel que fût son supplice, il serait légitime. Mais vous fùt-il encor cent fois plus odieux , Je le prends sous ma garde et j'en réponds aux dieux.
NUMITOR.
Toi , mon fils !
S'il périt , nous périrons ensemble.
NUMITOR.
Quel est-il donc pour toi ce scélérat ? I L I E , à part.
Je tremble.
R OMULUS.
Seigneur, il est mon père.
NUMITOR.
Effroyable clarté.
Affreux pressentiment que j'avais écarté ! Malheureuse !
A vos pieds votre fille éperdue....
NUMITOR.
A quel prix , dieux cruels , vous me l'avez rendue 1 Je vivrais pour rougir I Je déteste le jour. Laissez-moi retomber dans mon affreux séjour.