‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 273 sur 563 · ÉLISE, PHÉNICE · texte numérisé non relu

ÉLISE, PHÉNICE

Vous régnez ; vous aimez un héros qui vous aime ; D'oîi peut venir encor celte sombre langueur?

DIDON. ^1 i. •

Des combats que livre à mon ame Un devoir, ennemi de ma naissante flamme. Tu sais, dans le sommeil, quel vengeur me poursuit, Et que, du sein des morts, mon époux me rappelle Le serment que j'ai fait de lui rester fidèle;

3/,o i)Il)Oi\.

Ma sœur, je l'ai vu < ctte nui( Jamais si triste et si sévère 11 n'avait paru devant moi.

Parjure, m'a-t-il dit, tu me manques de foi. Suis Vamonr qui (égare : il ne tardera guère A me venger de toi.

yiin.

Vaines frayeurs, sombres présages, ■ Cessez de troubler mon repos.

Les dieux, en faveur d'un héros, Me doivent des jours sans nuages.

Le ciel ne l'a pas, sans dessein, Fait aborder sur ces rivages.

Les vents, les flots, et les orages, N'ont fait qu'obéir au destin.

Vaines frayeurs , .sombres présages , Cessez de troubler mon repos.

.Te devrai des jours sans nuages Au soin que je prends d'un héros.

O toi , dont mon cœur est charmé , Pardonne une erreur fugitive.

Je ne serais pas si craintive ; Si tu n'étais pas tant aimé.

(Ze bruit de chasse recommence.)

Nous allons la revoir, cette grotte charmante, Où Junon reçut nos serments; Et le plus tendre des amants

Va bientôt rassurer la plus sensible amante.

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