ACTE I, SCENE IV
Il veut bien vous presser encore De former avec lui les plus aimables nœuds.
Pour flatter l'orgueil d'une reine , Son empire et sa main sont d'un prix assez beau. Pensez dans quel malheur un refus vous entraîne; Pensez qu'en ce moment, ou l'amour, ou la haine
Allume entre vous son flambeau.
Les peuples ses sujets viennent vous faire hommage Des tre'sors que le ciel a mis en son pouvoir.
DIDON
D'une sainte amitié que ces dons soient le gage ; De la main d'un grand roi je puis les recevoir. S'il ose espérer davantage , Didon ne veut rien lui devoir.
I A R B E , à Araspe.
J'aime ce superbe courage.
i^Le.s sujets cVIarbe apportent leur offrande au pied du trône de Didon. )
ARASPE, à larbe.
Quelle dédaigneuse fierté !
I A R B E , à Araspe.
Elle est fière ; mais elle est belle, (à Didon. ) Puis-je , au nom de mon roi , parler en liberté ? Aux cendres d'un époux quand, pour être fidèle, Didon s'est refusée à de nouveaux liens, larbe , en l'admirant , n'a rien exigé d'elle. Mais le bruit se répand que le chef des Troyens
Est l'époux qu'au trône elle appelle.
On dit que sous ses lois elle va se ranger; Que pour eux de l'iiymen on prépare la fête. Il ne souffrira point qu'un rival étranger
Vienne lui ravir sa conquête ; Et c'est de lui sur-tout qu'il prétend se venger.
344 DTDON.
(Énce va prendre la parole ; Didon le prévient.')