SCÈNE IV
lARBE, DIDON.
I ARBE.
L'amour a, dans mon cœur, suspendu la vengeance;
Mais , Didon , le sang va couler.
Pour la dernière fois , écoutez en silence
Ce que je viens vous révéler.
Ce Troyen , ce transfuge , Énée est un perfide.
DIDON
Énée!
I ARBE.
Il vous expose à mon ressentiment , Il se pare à vos yeux d'une audace intrépide,
Il me défie insolemment ; Eh bien! tout occupé de sa fuite prochaine.
Le lâche, en flattant votre erreur,
Va s'échapper de votre chaîne ,
Et se soustraire à ma fureur.
DIDON
Allez , larbe , allez , vous connaîtrez Énée ; Vous saurez si Didon se voit abandonnée. Aujourd'hui, dans ce temple, il m'engage sa foi; On allume pour nous les flambeaux d'hyménée. Jugez s'il se prépare à s'éloigner de moi.
lARBE.
C'est donc à moi qu'on en impose !
DIDON
Vous connaissez l'envie, et daignez l'écouter!
I ARBE.
Pour cet hymen fatal ainsi tout se dispose!
Didon, consultez-A'ous avant de le hâter.
o Théâtre. II. 2 J
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