AR^TIE
Oui , c'est à ma patrie , A ce dieu des grands cœurs que je vous sacrifie. Son sort est en nos mains. Je commence ; achevez. Ce n'est point pour m'aimer, prince, que vous vivez. Vous vous devez au monde, à ce peuple, à la gloire. J'ai partagé vos feux ; partagez ma victoire. Libre , allez vous offru' aux y^ ux de l'univers. Le trône vous attend. Allez briser nos fers.
Le trône m'attend ! moi !
•• ARÉTIE.
Par un effort suprême, Denys , en m'épou.sant , v renonce lui-même. Je me donne à ce prix , et je viens vous offrir Un sceptre qu'en ses mains on ne peut plus souffrir.
DENYS LE J E L" N E
Que me proposez-vous? qui? moi! que je prétende Au trône de mon père !
ARÉTIE.
Il faut qu'il en descende; C'est à vous d'v monter.
DENYS LE JEUNE
C'est à moi d'obéir.
Du rang qui vous est du, madame, allez jouir. De nos feux mutuels perdez-y la mémoire , Et laissez-moi mourir avec toute ma gloire.