‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 31 sur 563 · ACTE III, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE III

ARtTIE.

Cessez de m'opposer un devoir prétendu.

S'il règne encore un jour, votre père est perdu.

nENYS LE JEUNE.

Qu entends-je ? quel complot! quelle aveugle furie!

ARÉTIE.

ÎVe nommez point ainsi l'amour de la patrie.

Je ne vous dirai point quelles calamités

Animent contre lui s^s sujets re'voltés.

Vous devez détourner les veux de leur misère.

Il est affreux d'apprendre à détester un père ;

Mais voyez le péril dont il est menacé.

Sur son trône aujourd'hui si vous n'êtes placé,

D'un peuple furieux il éprouve la rage;

Et son fils peut lui seul conjurer cet orage.

DENYS LE JEUNE

.Je mourrai son sujet en défendant ses jours. De ces complots encore il peut rompre le cours. Je vais lui découvrir le danger qui s'apprête , M'armer pour le défendre, et pour punir

ARÉTIE.

Arrête !

DENYS LE JEUNE

Je n'écoute plus rien : mon père est en danger.

Cher prince , où courez-vous ?

DENYSLEJEUNE.

Me perdre , ou le venger.

ARÉTIE.

Eh bien ! cruel , eh bien ! ordonne mon supplice.

DENYS LE JEUNE

Quoi! de ces factieux!...

ARÉTIE.

Oui, tu vois leur complice.

Vous?

Moi. Ce n'est pas tout : ce vertueux ami , <^)ui lies malheurs du peuple en secret a gémi, Ce Dion , dont les soins ont formé ta jeunesse , Et qui j)Our toi d'un père a toute la tendresse, Dion , de la révolte est le chef et l'auteur. Va , tu sais mon secret , sois son accusateur.

DENYS LE JEUNE

Chaque mot me confond ; et mon ame égarée Est, par d'affreux éclairs, sur l'abvme éclairée. Seul ami de ton roi , Dion , tu le trahis !

Il s'expose pour vous, pour moi, pour son pays;

Trop long-temps sourd aux cris d'un peuple qui l'implore,

II s'y rend à la fin-

DENYS LE JEUNE

Il en est temps encore j Qu'il rentre en son devoir.

Non, il n'en est plus temps.

DENYS LE JEUNE

Vous me désespérez. Adieu , madame.

ARÉTI E.

Attends , Cruel ; tourne les veux sur une infortunée , A l'aimer, à te perdre, à mourir condamnée. Vois tes plus chers amis dévoués au trépas; Vois ta triste patrie : elle te tend les bras. N'a-t-elle pas ses droits ainsi que la nature? C'est à toi d'adoucir les peines qu'elle endure; C'est à toi d'essuyer les pleurs qu'elle a versés. Combien de vœux au Ciel pour toi sont adressés! " S'il règne , disent-ils , si le Ciel moins sévère

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