ACTE II, SCENE VIII. 'igl
Qu'entends-je ? à cette voix mon ame accoutumée....
Télémaque ! ô dieux bienfaisants!...
Mais non, ce n'est pas lui : cette vieillesse extrême,
Ces cheveux blanchis par les ans....
ULYSSE
C'est lui, c'est Ulysse lui-même.
TÉLÉMAQUE, frappé (Vétonnement et transporté de joie. Mon père !
u L YS SE.
En vain Minerve a voulu me cacher Sous tous les traits de la vieillesse.
Viens , reconnais ton père aux larmes de tendresse Que la joie et l'amour viennent de m'arracher. TÉLÉMAQUE, daiis Ics hras cC Ulysse.
Mon père!... ILnfm je vois l'auteur de ma naissance.
ULYSSE
Mode'rons ces transports , et gardons le silence. Avant d'annoncer mon retour , Mon inquiète vigilance • Veut tout observer dans ma cour.
E u MÉE.
Ah ! de nos fiers tyrans craignez la violence.
ULYSSE
Vos tyrans !
EU MÉE
Sous vingt rois , vos indignes rivaux , Ithaque gémit opprimée.
Pénélope tremblante, et d'ennuis consumée, Les voit livrés sans cesse à mille excès nouveaux.
ULYSSE, à part.
Ah ! de mes traits vengeurs que ma main soit armée; Et je vais , par leur mort, couronner mes travaux.
Mon fils , le danger m'environne ; Que ferez-vous pour moi ?
394 PENELOPE
T É L t M A Q i; K , vivement.
Commandez. Mille morts, Mon père, à vos côtes n'ont j)lus rien qui m'étonue. J'en atteste les dieux et le sang dont je sors.
ULYSSE
Si nous sommes aimés, nous seront assez forts. Le bruit de mon trépas que nous allons répandre, Ces cheveux blancs, ces traits que Minerve a changés. Ces rois, dont l'imprudence est facile à surprendre, Mon fils, tout nous répond que nous serons vengés.
AIR
Que sous un voile impénétrable La vengeance marche à pas lents.
' Vous périrez, troupe exécrable.
Et tous mes coups seront sanglants.
N'offrons à leurs veux insolents Qu'un vieillard faible et misérable.
Que sovis un voile impénétrable La vengeance marche à pas lents.
ULYSSK , TÉLÉ M AQ LE ET EOMÉE.
Que sous un voile impénétrable La vengeance marche à pas lents.
Vous périrez, troupe exécrable, Et tous nos coups seront sanglants.
FIN DXJ SECOND ACTE