ACTE I, SCENE II
AZOR
Reprends-la , je le veux j Et qu'elle soit pour tous les deux Le garant mutuel de la foi qui nous lie.
AIR
Ne va pas me tromper.
Ne crois pas m'échapper. Sur la terre et sur l'onde Ma puissance s'étend; Et jusqu'au bout du monde Ma vengeance t'attend.
Compte sur mes largesses , Si tu me satisfais ; Sois sûr que mes bienfaits Passeront mes promesses , Que pour toi mes richesses Ne tariront jamais ;
Mais!
Ne vas pas me tromper, etc.
Choisis , ou ma colère , ou ma reconnaissance.
s AN DE R.
Je redoute moins ta puissance Que je ne respecte ma foi.
AZO R
Prends-y bien garde. Allons , suis-moi : Je vais t'abréger le voyage ; Et dans l'instant même , un nuage Va te porter d'ici chez toi.
ALI, tremblant.
Un nuage! Ah! permettez....
AZOR
Quoi?
ALX.
Que je m'en aille à pied.
Pourquoi donc?
Mon usage N'est pas d'aller sur un nuage.
Alnierais-tu mieux un dragon?
ALI, avec une frayeur plus vive.
oh ! non. Pour allir de la sorte, Je n'ai pas la tète assez forte.
Eh bien ! tu peux attendre ici ton maître.
ALI
Non!
Le nuage d'abord m'a fait peur; mais n'importe : Puisque mon maître y va, j'y puis aller aussi.
AZOR
Viens donc.
ALI
Si pourtant....
AZOR
Point de si.
ALI. '
Allons , que le diable m'emporte , Pourvu que ce soit loin d'ici.
{^Symphonie qui exprime le vol du nuage.)
( Le théâtre change , et représente Vintérieur de la maison de Sander. )