‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 36 sur 563 · ACTE IV, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE III

Achevez.

DENYS LE JEUNE

Je ne puis.

DENYS

Prince , vous hésitez !

DENYS LE JEUNE

Qu'on me mène à la mort.

DENYS

Quoi ! vous me résistez !

Qui ménage un coupable en devient le complice.

DENYS LE JEUNE

^^ous en savez assez.

DENYS

Par un lâche artifice , Perfide, je le vois, tu croyais m'alarmer, Et qu'une crainte vaine allait me désarmer.

DENYS LE JEUNE

Vous êtes menacé , seigneur ; daignez m'en croire. Disposez de mon sang, mais laissez-moi ma gloire. Ma vie est votre bien ; je sais la dédaigner ; Mais ma gloire est à moi; vous devez l'épargner!...

DENYS

Quoi! par la trahison lorsqu'on trame ma perte....

DENYS LE JEUNE

On ne vous trahit point , on s'arme à force ouverte ; Et se frayant vers vous un pénible chemin , L'on vient vous attaquer les armes à la main. Laissez-moi vous défendre , ou forcer les rebelles A tremper dans mon sang leurs armes criminelles. Mais détestant l'emploi de lâche délateur, Je suis leur ennemi , non leur accusateur.

DENYS

Eh quoi ! toujours du sang ! Non , non , par la clémence Conjurons la tempête avant qu'elle commence.

5/," DKNYS-LK-TY It A \.

J'ai trop aigri les cœurs; je prc-tciids les gngncr. C.o nVst que par l'amour qu'il csl iloiix de ri'j^ner. TNonime-nioi les mutins dont l'orgueil nous menace : Je ne les connaît r:ir rpic poiii- leur faire grâce.

ri K N V s i. K J F. II NE.

Plus rcflort serait grand , moins ce peuph- (lonné Au (oMtl de votre cœur se croirait ])ard()nn<'.

I,aissons là ces détours, et nomme mes victimes, Ou je punis en loi ton silence et leurs crimes.

DENVS LE JEUNE.

Ce que vos intérêts m'ordonnent de cadier,

La nu>rt même, seigneur, ne peut me l'arracher. "*

I) F N Y s , au.r- gardes.

Nous allons l'éprouver. Gardes, que l'on appelle Arétie et Dion.

DENYS LE J Eli NE.

Je frémis. ■

DENYS

Non , rebelle , Ne crois pas que la mort soit l'asyle assuré D'un traître , d'un ingrat , d'un fils dénaturé. Je saurai prolonger ton supplice et ma joie, De ma lente fureur Ion cœur sera la proie , ^ Et j'en arracherai ce secret odieux.

Ou le ferai du moins déchirer à mes yeux.

Page 1