SCÈNE VIL
z É M I R E , à Jzor.
Ah ! cruel !
AZOR
Je vous l'avais prédit :
Vous-même avez détruit le charme.
ZÉM IRE.
L'état de mon père m'alarme.
Laissez-moi l'aller voir.
AZOR
Qu'ai-je fait!
ZÉMIRE
Il languit , Il s'afflige, il se désespère. A.h ! laissez-vous toucher par les larmes d'uu père.
AZOR
Non , cessez , Zémire , cessez.
Je vous aime 5 et je meurs si vous m'êtes ravie.
ZÉMIRE
Pour rassurer mon père et lui rendre la vie. Une heure, un moment, c'est assez.
AZOR
Ah! quel est sur moi votre empire!
Allez, allez le voir, ce père tant aimé :
Rassurez son cœur alarmé :
Dites-lui que pour vous, que par vous je respire; Que je vous suis soumis ; que vous m'avez charmé.
Mais, Zémire, je vous conjure
De revenir.
ZÉMIRE
Je vous le jure.
/,/,(î ZÉMIRE ET AZOR.
Regardez le soleil près d'acliever sou tour, Si je le vois coucher avant votre retour,
Dès ce moment je désespère,
Je finis mon malheureux sort;
Et vous direz à votre père :
« Il n'est plus; j'ai causé sa mort. » z L M r R E. "Moi! causer votre mort! j'en serais bien fâchée!
jVon , vous avez tant de bonté ,
Et mon ame en est si touchée, ( // port. ) Que pour vous.... Ah! le sort lui devait la beauté.
AZOR
Il dépendra de vous d'en réparer l'injure. Je vous remets ma vie et ma félicité.
Allez. Si vous êtes parjure , Je ne punirai point votre infidélité.
Cet anneau vous rend libre. En le portant, Zémire ,
Vous n'êtes plus en mon pouvoir; Et je vous le confie.
ZÉMIRE
' O bonté que j'admire !
AZOR
Mais si vous voulez me revoir, Quittez-le; et dans l'instant vous me serez rendue.
ZÉMIRE
Cette confiance m'est due; Et j'en mériterai ce gage , en le quittant.
AZOR
Adieu. N'oubliez pas celui qui vous attend.
{ Le théâtre change et représente la maison de Sander.
FIN nu TBOTSTÈME ACTE.