‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 365 sur 563 · Z ^MI RE · texte numérisé non relu

Z ^MI RE

Oui , son sort m'attendrit : je ne puis le cacher.

s ANDER.

Quoi ! ce monstre ?

Z ÉMIRE

Daignez m'entendre, et soyez juge.

Seule, sans appui, sans refuge,

II me tenait en son pouvoir.

J'ai désiré de vous revoir; Il l'a permis : c'est peu : vous allez voir s'il m'aime.

Il me rend libre; il veut lui-même Que de moi seule ici dépende mon destin.

Il mourra si je l'abandonne; Et j'en ai le pouvoir; c'est lui qui me le donne.

En voilà le gage certain.

( elle lui montre Vanneau.^

\ s AN0E R.

Cet anneau?

z ÉMIRE.

Cet anneau me rend indépendante.

s ANDER.

Du pouvoir du génie ?

ZEMIRE.

Et de sa volonté.

s ANDER.

Je respire. Ah ! ma fille !

ZÉMIRE

Est-ce de sa bonté Une preuve assez éclatante.'*

s A NDE R.

Ce n'est donc que moi désormais Que peut menacer sa colère ?

Garde-toi de quitter cet anneau.

ZÉMIRE

Quoi ! mon père ,

/jSî ZÉMIRE ET AZOR.

Vous voulez !...

Garde-toi <le le quitter jamais.

Et celui qui m'attend, ce malheureux qui m'aime, Je l'aurai donc trahi? j'aurai fait son malheur? Ah ! plutôt , laissez-moi devoir tout à lui-même. S'il est sincère et bon, j'attends tout de son cœur.

S'il est méchant, s'il a pu feindre,

Et s'il a voulu m'éprouver, Pour vous, en l'offensant, que n'ai-je pas à craindre, Mon père? et de vos bras s'il venait m'enlever !

SANDER

Qu'il vienne.

ZÉMIRE

Laissez-moi , laissez-moi vous sauver.

Page 1