Z ^MI RE
Oui , son sort m'attendrit : je ne puis le cacher.
s ANDER.
Quoi ! ce monstre ?
Z ÉMIRE
Daignez m'entendre, et soyez juge.
Seule, sans appui, sans refuge,
II me tenait en son pouvoir.
J'ai désiré de vous revoir; Il l'a permis : c'est peu : vous allez voir s'il m'aime.
Il me rend libre; il veut lui-même Que de moi seule ici dépende mon destin.
Il mourra si je l'abandonne; Et j'en ai le pouvoir; c'est lui qui me le donne.
En voilà le gage certain.
( elle lui montre Vanneau.^
\ s AN0E R.
Cet anneau?
z ÉMIRE.
Cet anneau me rend indépendante.
s ANDER.
Du pouvoir du génie ?
ZEMIRE.
Et de sa volonté.
s ANDER.
Je respire. Ah ! ma fille !
ZÉMIRE
Est-ce de sa bonté Une preuve assez éclatante.'*
s A NDE R.
Ce n'est donc que moi désormais Que peut menacer sa colère ?
Garde-toi de quitter cet anneau.
ZÉMIRE
Quoi ! mon père ,
/jSî ZÉMIRE ET AZOR.
Vous voulez !...
Garde-toi <le le quitter jamais.
Et celui qui m'attend, ce malheureux qui m'aime, Je l'aurai donc trahi? j'aurai fait son malheur? Ah ! plutôt , laissez-moi devoir tout à lui-même. S'il est sincère et bon, j'attends tout de son cœur.
S'il est méchant, s'il a pu feindre,
Et s'il a voulu m'éprouver, Pour vous, en l'offensant, que n'ai-je pas à craindre, Mon père? et de vos bras s'il venait m'enlever !
SANDER
Qu'il vienne.
ZÉMIRE
Laissez-moi , laissez-moi vous sauver.