‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 373 sur 563 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

CÉLICOUR, AGATHE.

CÉLICOUR.

JJelle cousine, eh quoi! vous me fuyez toujours!

Je ne suis en ces lieux que depuis quinze jours; Et de m'y voir vous êtes lasse !

Les heureux moments que j'y passe Ne seront-ils pas assez courts .-'

AGATHE

Je suis de vous très-mécontente , Très-mécontente, entendez-vous?

Je vous croyais docile et doux; Vous avez trompé mon attente.

Je suis de vous très-mécontente.

Très-mécontente , entendez-vous ?

/(Ga L'AMI DE LA MAISON.

ï^h quoi! sans cesse

Suivre mes pas !

Chercher mes yeux! me parler bas!

Et me sourire avec (inesse !

Belle finesse ! Vous croyez qu'on ne vous voit pas.

Je suis de vous, etc.

Des vivacités

Sans fin, sans nombre;

Vous vous dépitez ;

Vous devenez sombre ;

Vous ne me quittez

Non plus que mon ombre; Toujours assis à mes côtés.

Je suis de vous, etc.

CÉLICOUR.

Pardon , belle cousine. Oui , je suis trop sensible : Je devrais retenir ces premiers mouvements.

Mais se vaincre à tous les moments!

L'effort est pour moi trop pénible.

Près de vous mes empressements

N'ont pas, je crois, besoin d'excuse.

Quant aux vivacités dont je sais qu'on m'accuse , Rien de plus pardonnable. Avec moi , sans façon ,

Je vois que tout le monde en use.

C'est à qui tous les jours me fera la leçon.

AGATHE

C'est un avis pour moi.

CÉLICOUR.

Vous savez bien que non :

Jamais l'amitié n'humilie.

Mais il n'est pas ici jusqu'à monsieur Cliton , Qui sans cesse avec moi s'oublie. Et prétend me donner le ton.

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