SCENE PREMIERE
CÉLICOUR, AGATHE.
CÉLICOUR.
JJelle cousine, eh quoi! vous me fuyez toujours!
Je ne suis en ces lieux que depuis quinze jours; Et de m'y voir vous êtes lasse !
Les heureux moments que j'y passe Ne seront-ils pas assez courts .-'
AGATHE
Je suis de vous très-mécontente , Très-mécontente, entendez-vous?
Je vous croyais docile et doux; Vous avez trompé mon attente.
Je suis de vous très-mécontente.
Très-mécontente , entendez-vous ?
/(Ga L'AMI DE LA MAISON.
ï^h quoi! sans cesse
Suivre mes pas !
Chercher mes yeux! me parler bas!
Et me sourire avec (inesse !
Belle finesse ! Vous croyez qu'on ne vous voit pas.
Je suis de vous, etc.
Des vivacités
Sans fin, sans nombre;
Vous vous dépitez ;
Vous devenez sombre ;
Vous ne me quittez
Non plus que mon ombre; Toujours assis à mes côtés.
Je suis de vous, etc.
CÉLICOUR.
Pardon , belle cousine. Oui , je suis trop sensible : Je devrais retenir ces premiers mouvements.
Mais se vaincre à tous les moments!
L'effort est pour moi trop pénible.
Près de vous mes empressements
N'ont pas, je crois, besoin d'excuse.
Quant aux vivacités dont je sais qu'on m'accuse , Rien de plus pardonnable. Avec moi , sans façon ,
Je vois que tout le monde en use.
C'est à qui tous les jours me fera la leçon.
AGATHE
C'est un avis pour moi.
CÉLICOUR.
Vous savez bien que non :
Jamais l'amitié n'humilie.
Mais il n'est pas ici jusqu'à monsieur Cliton , Qui sans cesse avec moi s'oublie. Et prétend me donner le ton.