‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 376 sur 563 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

DUO

Vous avez deviné cela !

C'est être fin, c'est être habile Que d'avoir deviné cela.

CÉLICOU R.

Sans être fin , sans être habile , J'ai fort bien deviné cela.

Vous , qu'il appelle sa pupille , Défiez-vous de ce nom-là.

AGATHE

Moi , qu'il appelle sa pupille , Me défier de ce nom-là !

cÉLicoDR, mettant le dijigt sur son cœur. Je suis certain qu'il en tient là.

AGATHE, mettant le doigt sur son front. Croyez plutôt qu'il en tient là.

CELICOU R.

Ses yeux cent fois m'ont dit la chose.

AGATHE

Ses yeux disent-ils quelque chose ?

CÉLICOU R.

Défiez-vous de ces yeux-là.

AGATHE

Je n'ai pas peur de ces yeux-là.

CÉLICOUR.

On voit qu'il désire , et qu'il n'ose.

AGATHE

Qu'il n'ose.

CÉLICOUR, même geste.

Je suis certain qu'il en tient là. AGATHE, même geste.

Croyez plutôt qu'il en tient là.

Théâtre. IL J'^

CÉLICOUR.

Là.

AGATHE

Là.

CÉLICOUR.

Et s'il se réserve à lui-même Un prix qui n'était dii qu'à moi , qu'à mon amour.

AGATHE

Vous n'y pensez pas , Célicour.

Est-ce que vous m'aimez?

CÉLICOUR.

O ciel ! si je vous aime !

En doutez-vous, Agatlie?

AGATHE

Et qui me l'aurait dit ?

CÉLICOUR.

Qui? mon ravissement, mon trouble, mon ivresse, De mon cœur agité la joie et la tristesse ,

L'inquiétude et le dépit, Tout, jusqu'à mon silence.

oh! je n'ai pas l'adresse D'expliquer le silence.

CÉLICOUR.

Et mes soins assidus, Mes soupirs, mes regards, qui vous parlaient sans cesse?

AGATHE

Je ne les ai pas entendus.

CÉLICOUR.

Je ne m'étonne plus de vous voir si paisible.

Je vous paraissais fou ; vraiment , je le crois bien :

Votre cœur était insensible

A tous les mouvements du mien.

Mais non, cela n'est pas possible.

Par exemple, cent fois, en vous donnant la main,

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