ACTE I, SCENE I
J'ai pressé doucement la vôtre dans la mienne.
AGATHE
Je ne l'ai pas senti , du moins qu'il me souvienne.
CÉLICOUR.
Et l'autre jour, dans le jardin,
Quand je louais tant cette rose,
Fraîche, vermeille, à demi-close, Qui répandait dans l'air le parfum le plus doux; Et quand j'aurais voulu me changer en abeille, ' '
Pour avoir de la rose une faveur pareille
A celle dont j'étais jaloux?
AGATHE
Eh bien ?
CELICOUR.
La rose , c'était vous.
Et ce pigeon plaintif et tendre , A. qui je souhaitais une colombe?
AGATHE
Eh bien ?
CÉLICOUR.
C'était moi, vous dûtes l'entendre.
AGATHE
Moi, je n'entends jamais que ce qu'on me dit bien. CÉLICOUR, vivement.
Je vous dis donc que je vous aime;
Que je veux être votre époux ; Et que je ne puis voir, sans un dépit extrême, Qu'un autre ose prétendre à des liens si doux. M'entendez-vous enfin ?
AGATHE
Oui, vous êtes jaloux.
Cela fait bien du mal !
CÉLICOUR.
Il dépend de vous-même De m'en guérir, de me calmer.
AGATHE
Que faut-il pour cela?
CÉLIC ou R.
M'aimer.