ACTE I, SCENE II
Elle met le comble à tes vœux.
CÉLICOUR.
Ah ! mon père !
ORONTE
Oui , mon fils , dès demain , si tu veux , Tu peux partir.
CÉLICOUR.
Comment.
ORONTE
Du bien que^e possède Elle a su que j'allais employer la moitié Pour ton avancement; elle vient à mon aide;
Et sa généreuse amitié Te fait don du brevet qui t'ouvre la carrière. Rien ne s'oppose plus à ton ardeur guerrière. La fortune t'appelle et la gloire t'attend. Te voilà capitaine.
CÉLICOUR.
O ciel !
ORONTE
Es-tu content ?
CÉLICOUR, a^'ec embarras.
Je me sens pénétré des bontés de ma tante ; Mais vous, mon père...
ORONTE
Eh bien ?
CÉLICOUR.
Vous, de qui je dépends.
A recevoir ses dons faut-il que je consente? C'est le bien de sa fille ; et c'est à ses dépens...
AGATHE
Célicour, avez-vous envie De ne plus me revoir ? C'en est fait pour la vie . Si vous répétez ce mot-là.
Je me tais.
o n O NT E.
Oui ; laissons cela.
Tu nas jihis lieii qui te retienne; Et mon ini|>atience est é;;ale à la tienne.
Allons. \ iens d'abord t'acquitter De ce devoir si doux de la reconnaissance,
c F, 1. 1 G o u R , retenant Agathe , qui veut s'en aller. Un moment, chère Agathe. Avant de nous quitter. Mon jjère, écoutez-moi.
o R ONTE.
Qu'est-ce ? Une confidence ?
CÉHCOUR.
Mon père !
Au fait.
c F. L I c o II R.
De{)uis que nous sommes ici , Je n'ai cessé de voir Agathe. ,
ORONTE
Elle est jolie , Ta cousine !
Ah ! charmante.
ORONT E. ^
Elle est douce, polie.
Je l'aime tout-à-fait.
CKLICOUR.
Hélas ! je l'aime aussi.
ORONTE
Je nai pas de peine à le croire.
Eh bien! mon fils, l'amour est le prix de la gloire. 11 vous en a lui-même apj)lani le chemin; Soyez digne d'Agathe, et méritez sa main.