‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 387 sur 563 · ACTE II, SCENE IV. /,8i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV. /,8i

Le ciel gronde; et dans l'instant L'éclair devient un orage.

C'est tout de même en amour; Et de l'éclair au ravage, L'intervalle n'est qu'un jour.

ORFI SE.

Il faut à ma fille, à son âge,

Un guide sur, un homme sage; Et, sans parler du bien qui manque à mon neveu , Jamais cet amour-là n'aurait eu mon aveu.

CLITON

Quelle mère !

ORFISE-

Ajoutez, quel ami! dont le zèle Pense à tout, prévoit tout! Mon sexe a bien raison! Un homme est un ami, pour nous, bien plus fidèle Qu'une femme. En effet, quelle comparaison!

De deux femmes, en liaison.

Le goîît n'est qu'une fantaisie.

La vanité , la jalousie

Y mêlent bientôt leur poison.

Dans son amie , on voit sans cesse une rivale.

Dès qu'on l'efface , on lui déplaît ; On ne peut la souffrir à moins qu'on ne l'égale:

Et dès qu'on lui cède, on la hait.

Des triomphes de son amie

Un homme , au contraire , est flatté.

Avec elle il est sans envie,

Comme il est sans rivalité.

Certaine voix confuse en eux se fait entendre,

Qui leur dit : Soyez de moitié.

Ce n'est point de l'amour; on est loin d'y prétendre? Mais c'est un sentiment plus délicat, plus tendre,

Plus vif que la simple amitié.

Théâtre. II. Jï

CL I TON

A merveille ! cette peinture

Rend le cœur humain trait pour trait;

Et l'on dirait que la nature

Vous a révélé son secret.

ORFISK.

( à un laquais ). ( « Cliton ).

Hola, quelqu'un. Ma fille. Il est temps qu'elle vienne

Prendre sa leçon. Vous serez

Seul avec elle ; et vous lirez Dans son ame.

CLITON

Ah ! j'y vois plus clair que dans la mienne

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