‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 386 sur 563 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

Vous m'ennoblissez à mes yeux.

Je ne sais pas si je vaux mieux j Mais je m'estime davantage.

Non , madame , non , pas assez :

Vous êtes encor trop modeste.

o RFIS E.

Vous croyez? •

Cï-I TON.

Vous êtes.... céleste.

ORF ISE.

Mais VOUS , peut-être aussi vous vous éblouissez,

CL I TON

Eh, non, madame, non, j'en appelle à vous-même.

o RF 1 SE.

Il faut que la louange ait un poison bien doux !

Tout le monde la craint, et tout le monde l'aime.

Je sens que je devrais me défier de vous :

Vous me flattez, monsieur; je me le dis sans cesse;

Et tel est votre empire, et telle est ma faiblesse,

Que je vous crois, vous seul, plus que moi, plus que tous.

Mais enfin , se peut-il que je sois accomplie ?

L'amitié dans un saj^çe est-elle une folie?

Se fait-elle un devoir de tirer le rideau

Sur tout ce qui dépare une image embellie?

Ou bien, comme l'amour, a-t-elle son bandeau?

c LIT ON.

Pourquoi non, madame? Peut-être Vvez-vous des défauts que je ne puis connaître, Que vous-même vous effacez , Qu'avec art vous embellissez.

ORF ISE.

Avec art! moi, Cliton ! ce repi'oche m'alarme. Je ne connais point d'art.

48o L'AMI DE LA MAISON.

C LI TO N

Ma foi, c'est donc un charme; Un charme inconcevable.

G RFISK.

Ah! vous me rassurez.

Et si le charme cesse, au moins vous l'avoùrez.

'^ui, madame. Croyez que jamais je ne flatte.

Par exemple, je vous dirai Que ce beau naturel , que j'ai tant admiré ,

Déi^énère un peu dans Agathe.

Elle a de l'enjoûment , de la vivacité , Même quelque lueur de sensibilité; Mais ce tact de l'esprit, cette raison sublime,

Ce feu divin qui vous anime , Pardon, je ne crois pas qu'elle en ait hérité.

Je sens que je suis trop sévère ; Je devrais un peu pkis ménager une mère; Mais je n'ai jamais su trahir la vérité.

ORFISE.

Un cœur que vous formez sera du moins honnête.

CL I TON

Oui, je vous réponds de son cœur; ,

Mais je commençais d'avoir peur Que le petit cousin ne lui tournât la tète.

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