ACTE III, SCENE VI
Trahir une tante , une sœur !
Ah! mon ami, quelle noirceur.' Séduire un cœur facile et tendre ; Et puis venir me dire à moi : .
« Ma sœur, l'amour nous fait la loi! » Non, non, qu'ils cessent d'y prétendre.
Non , Cliton , ce n'est pas à moi Qu'un fol amour fera la loi.
Mère imprudente ! à quoi m'expose Ma faiblesse et ma bonne foi !
De mon malheur je suis la cause.
'. Dans votre sein je le dépose : Fidèle ami, secourez-moi.
CLITON
Eh ! madame , l'on sait que vous êtes si bonne !
ORFISE.
Je le suis; mais non pas assez Pour former ces noeuds insensés.
N'ayez pas peur que j'abandonne Ma fille à ses folles amours ; Et pour en abréger le cours , Je vais lui déclarer l'époux que je lui donne.
Vous avez fait un choix ?
ORFISE.
Oui , le choix d'un époux Aimable et vertueux, éclairé , sage et doux , D'un caractère honnête et d'un esprit solide, Qui sera son ami , son conseil et son guide ; Et cet homme unique , c'est vous.
CLIT ON
Moi , madame?
ORFISE.
Oui, vous-même.
5o8 L'AMI DE LA MAISON.
CI, IT O N, à /tait.
Ali! maudite imprudence !
O n Kl SE.
Ma fille est sons ma dépendance ;
Je disposerai de sa main, lit quant à mon neveu, nous nous quittons demain.
c L I T o N , à part.
Ou'ai-je fait!