ACTE I, SCENE IL
G I L O T 1 Tî.
Hé quoi, l'on ne vous l'a pas dit?
Ce soir on mande le notaire.
MADEMOISELLE DE SAIIVT-YVES
Ce soir !
MADEMOISELLE DE K E R K A B O N
Il est pressé !
CILOTIIf.
Cela vous étourdit;' Oh! nous allons vite en affaire.
MADEÎMOISELLE DE SAINT- YVES
Mais comment se peut-il?...
Comment? la chose est clairr-, Un jour que je rêvais , j'étais là comme un sot.
Mon père est physionomiste; Et comme il entendit que je ne disais mot,
Il devina que j'étais triste.
Il me regarde entre deux yeux.
Qu'as-tu donc, me fît-il? Moi ! je n'ai rien , lui fis-je.
Tu mens : quelque chose t'afflige, Fit-il. Vous l'avez dit : j'ai de l'amour. Tant mieux î
Vovons, qui t'a donné dans l'aile?
Je dis que c'était vous. Oui dà, fît-il, c'est elle?
Et tu t'aftiiges pour cela ?
Va, tu n'es qu'un benêt. ( Il est badin mon père. )
Hé bien, fit-il, demandons-la.
Sitôt dit, sitôt fait. Voilà tout le mystère.
( Gaiment. )
Ma future, allons, touchez-là.
MADEMOISELLE DE S A I N T - Y Y E S-
O ciel !
Vous en êtes bien aise, N'est-ce pas ?
56o LE HURON.
M A D K SI O I s r. L L K DE S A I N T - V V E S.
Point du tout, monsieur, ne vous déplaise.
Vous ne m'aimez donc pas?
M A I) B M O 1 s E L L E DE S A 1 N T - Y V E S .
IVon.
GlI. OTIN.
Non î vous badinez.
M ADEMOISEI.I. E DE SAINT-YVES
Tlien n'est plus sérieux.
GILOT15.
Oui-dà ! vous m'étonuez Je croyais pourtant bien vous plaire.
MADEMOISELLE DE SAINT-YVES
Il n'en est rien.
N'importe, allez, laisscz-raoi faire.
DUO
Ne vous rebutez pas , Voilà que je vous aime.
Cela vient pas à j)as , Cela vient de soi-mcme.
Vous m'aimerez aussi , >
Vous m'aimerez de même.
Cela vient de soi-même , Du soir au lendemain.
Pour obtenir le cœur, il faut avoir la main.
«AUEMOISELLE DE SAINT- YVES
Non, ne vous tlattez pas :
11 n'en est ])as de même.
Non, cela ne vient pas.
Ne vient pas de soi-même.
Je n'aime pas ainsi ,