ACTE I, SCENE VI. S-ji
LE nURON.
N'ai-je pas encor quelques traits De caractère ?
M. ET MADEMOISELLE DE K E R K A B O N
Voilà tes yeux , voilà tes traits.
LE HU R ON
Ail ! quel bonheur! je suis Français.
il. ET MADE5IOISELLE DE RE RK A BON, ET MADE- MOISELLE DE SAINT- YVES.
Ah ! quel bonheur! il est Français.
MADEMOISELLE DE SAINT-YVES
Oui , ce sont les traits De ces portraits.
LE H U R ON
Ah ! cela semble fait exprès.
' M. DE KE R K A B ON
Oui , ce sont les traits De ces portraits.
MADEMOISELLE DE KERKABON, aveC plus d'tlt-
tendon.
Cependant , mon cher frère , Regardez bien ses yeux.
Il les a beaucoup mieux.
Je vois , je croi .
Je ne sais quoi.
M. DE KERKABON, hiusqueuient .
Chimère.
Il a les traits De ces j)ortraits.
MADEMOISELLE DE KERKABON, SC jétractflTit.
Ah ! oui. Ce sont les veux de sa mère.
M. DE KERKABON
Ce sont les traits de son père.
Tous ensemble.
Ah ! quel bonheur, il est Français.
i*72 LE IILRON.
L K If U R O N.
Ail! quel boiiliciir, je suis Français.
M, 1)K KKRRAnON.
Mon neveu, pour voir nos amis , Il faut demain être bien mis, Et t'habiller à la franraise.
LE IIURON.
Pourquoi? Je suis î'ort l)ien, car je suis à mon aise. Mon habit m'est (.ommode, et j'y suis attaché.
M. DE KERKABON
Mais que dirait-on ?
LE II u R O K .
Quoi qu'on dise , . Comme je vis pour moi, je veux vivre à ma guise; Et je le mets dans mon marché:
Chacun son goût : c'est ma devise.
M. DE KERKABON
Mais il n'est pas possible....
LE H u R o N.
Écoutez , parlons clair :
Je suis né libre comme l'air, Et par-tout je veux être en pays de franchise.
Me voulez-vous tel que je suis?
Simple , honnête , faisant tout le bien que je puis? Voyez. IN'ayez pas peur que jamais je m'avise De vous gêner sur rien. Pleine aisance entre nous.
M. DE R ERR A BO N.
Du pays où Ion est il faut suivre les goûts.
LE H u R o N .
chez les singes, fort bien; mais non pas chez les hommes.
A quoi bon se ressembler tous?
Nous naissons différents; soyons ce que nous sommes.
M. DE KER K A B o X.
Je suis ton oncle, et....