PA U L IN E
Quoi ! ma sœur?
LU CET T E
Oui , ma sœur, croyez qu'il vous devine; Et moi , qui ne suis pas bien fine , Je l'ai vu cent fois clairement.
PAU LI NE
Vous l'avez vu, ma sœur?
LU CETT E
Oui, je l'ai vu.
HÉLÈNE
Comment ?
LU CETTE
AIR
Je ne sais pas si ma sœur aime ; Mais si jamais je suis de même , Je dirai bien , cest de Vamour.
Oui, c'est aussi clair que le jour, Tout aussi clair que le jour.
Il est absent; elle est plaintive.
Et dans ses yeux l'ennui se peint.
Mais à peine il arrive, Une rougeur plus vive Eclate sur son teint.
Son cœur ému , sa voix craintive , Ses yeux baissés ,
6ia SILVAIN.
Tout dit assez, Tout (lit assez que ma sœur aime; Et si jamais je suis de même , Je dirai bien, cest de l'amuur.
C'est aussi clair que le jour, Tout aussi clair que le jour.
Le plus joli bouquet , Si c'est moi qui le cueille , D'un air distrait Elle IVifeuille, Soit la rose ou l'œillet.
Mais de sim))les barbeaux, Si c'est lui qui les donne, Elle en fait sa couronne.
ylh! ma sœu7\ qu'ils sont beaux!
Tout la trahit, tout dit qu'elle aime; Et si jamais je suis de même, Je dirai bien , cest de t amour.
C'est aussi clair que le jour, Tout aussi clair que le jour.
Oui, maman, oui, sans cesse elle en est occupée.
Par aucun autre soin elle n'est dissipée.
A propos de la pluie , à propos du beau temps ,
Elle eu parle à tous les instants.
S'il fait beau , par exemple , elle pense à Bazile : C'est pour lui tout exprès que ce beau jour a lui. Et s'il vient à pleuvoir, elle n'est pas tranquille : Bazile est dans les champs; aura-t-il lui asvie? Il semble en vérité qu'il ne pleut que sur lui.
HÉLÈNE
Pauline, qu'en dis-tu? parle-moi sans mystère. Tu le sais, je suis bonne mère.
Est-ce bien l'époux qu'à plaisir Ton cœur aurait voulu choisir?