SCÈNE î. 6U
L'amour lui fait violence; Le devoir lui dit , silence !
Comment faire? à qui céder?
On ne sait auquel entendre.
On est craintive, on est tendre^ Comment faire? à qui céder?
Et comment se <lécider?
C'est un e'tat bien pénible , Que celui d'un jeune cœur, etc.
LU CET TE
Vous e'tiez bien à plaindre!
MADAME SAINT-CLAIR
Une rougeur modeste Avait beau me trahir; mon vieillard se flattait
Qu'en sa faveur elle éclatait.
Je touchais au moment funeste,
Et j'aurais voulu me noyer....
Mais je commence à t'ennuyer; Laissons cela : tantôt je te dirai le reste.
LUGE TTE
Oh! non, de grâce !
MADAME SAINT-CLAÏR.
Eh bien ! par bonheur je trouvai Dans une vieille tante, une indulgente amie. Il fallait révéler le secret de ma vie. Elle commença ; j'achevai.
L U CE TTE
Et que fit-elle?
MADAME SAINT-CLAIR
Elle eut l'adresse De servir si bien ma tendresse.
Que mon hymen fut différéi^ Et mon jeune amant préféré.
Théâtre. H. 4l
64a LA FAUSSE MAGIE.
LU CETTE
Ah ! ma tan le !
MADAME SAINT-CLAIR
Eh bien, ma tante?
LC CETT F..
Votre secret.... c'est le mien.
MADAME SAINT-CLAIR
Voisin? Je le disais bien, Que tu n'étais pas contente.
LU CETTE
Je ne le dis qu'à vous,
A vous que je révère.
Si j'avais une mère,
Sa fille, à ses genoux.
Eût fait l'aveu sincère
Du penchant le plus doux.
Mais je n'ai plus de mère;
Et cet aveu sincère ,
Je ne le fais qu'à vous.
Je suis timide :
Soyez mon guide , Soyez mon guide et mon appmi.
Vous aimerez celui que j'aime.
Et vous direz, comme moi-même:
Ton cœur sensible est fait pour lui.
MADAME SAINT-CLAIR
Il est donc bien aimable ?
LU CET TE
Oui, ma tante.
MADAME SAINT-CLAIR
Il se nomme?
LUCETT K.
Linval.