SCÈNE IL
LINVAL, LUCETTE, madame SAINT-CLAIR.
LINVAL.
Je l'adore.
Madame.
MADAME SAINT-CLAIR
Il écoutait !
LINVAL.
Oui, j'ai tout entendu, Madame; et c'est vous que j'implore.
Vous le voyez, son cœur est un bien qui m'est dû.
AIR
Ceux que trahit une infidèle, Sont bien moins à plaindre que moi.
Lucette, aussi tendre que belle, Tu ne m'as point manque de foi.
Ceux que trahit une infidèle, Sont bien moins à plaindre que moi.
Ils peuvent changer avec elle ; Et que puis-je aimer après toi?
6/,4 LA FAUSSK MAGIE.
M A D A M F. S A I N T - C L A I R , // pail.
En vérité, je sens qu'il m'attendrit moi-même.
Oui, c'est de bon:ie foi qu'il l'aime;
Et j'en crois son air ingénu.
Çà, contez-moi comment cet amour est venu.
DUO
I, UCETTE ET LINVAL.
Il vous souvient de cette fête , Où l'on voulut nous voir danser?
Pour faire de nous sa conquête , ' L'amour n'eut qu'un trait à lancer.
LIN V AL
Dans mon sein une douce flamme De veine en veine se glissa.
LU CE TT E
Je sentis que j'avais une ame :
Un feu naissant me l'annonça.
Ma main, qui tremblait dans la sienne,
Sa main qui tremblait dans la mienne,
LU CET TE
Donna pour moi
Reçut de moi Ensemble.
Le tendre gage de ma foi.
Ll N V AL.
Je m'égarais parmi la danse ; Je n'entendais plus le hautbois.
LUC ETTE
Je rencontrai ses veux deux fois; Deux fois j'oubliai la cadence.
Ma main , etc.