A R I ST 0 M È N E
L'exemple des vertus est une loi suprême ^
Que Messène reçoit, qn'elle donne elle-même;
Pour celui des forfaits nous ne Timitons pas.
Nous ne versons du sang qu'au milieu des combats.
Sparte peut immoler ma famille à sa haine ;
Mais si l'un de vos rois tombe aux mains de Messène ,
Il aura parmi nous, quels que soient nos projets,
Tout ce qu'il a dans Sparte , excepté des sujets.
Ce langage m'étonne, et pourrait me confondre; Mais je laisse au sénat le soin de vous répondre.
ARISTOMÈNE
Au sénat !
EURIBATE.
De ces murs librement fugitifs , Léonide et Leuxis n'étaient point nos captifs. Dans les mains du sénat je viens de les remettre
ARISTOMÈNE
Quoi !
EURIBATE.
Tous deux à nos rois sont venus se soumettre.
ARISTOMÈNE
Dieux ! ma femme ! mon fils !
EURIBATE.
A peine ils ont paru , Le peuple au-devant d'eux en foule est accouru. Léonide à nos rois demande qu'on la mène. « Vous voyez devant vous le lils d'Aristomène, « Vous voyez son épouse; et pour le désarmer, « Voici , dit-elle , enfin comme on peut l'alarmer. « De Messène en ses mains la défense est remise. « Menacez-nous : qu'il tremble ; et iAIessène est soumise. « Nos rois , à ce discours , étonnés et confus,
f)nt répondu, seigneur, par un noble refus; Et je viens....
A R T ST O M KN E.
On vous trompe.
H«'las ! je vous accable ; Mais cet événement étrange , inconcevable , .le l'ai vu.
Vous avez vu ma femme et mon fils , Déserteurs de Messène , à vos lois asservis, Se livrer, demander à vous servir d'otage. Et vous donner sur nous ce funeste avantage !
Je l'ai vu. Je vous parle en fidèle témoin.
Épargnez-moi , de grâce , et n'allons pas plus loin. Vous avez au sénat remis les deux transfuges?