‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 79 sur 563 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

T H É ONI s.

De sa fuite , en partant , saviez-vous la raison i'

Non. Elle commanda; je partis à sa suite. Heureux de partager les périls de sa fuite.

T HKON is.

N'anriez-voiis pas dû voir qu'elle allait nous traliir;'

On n'examine rien , lorsqu'on sait obéir. T H ÉON is.

Mais aux rois ennemis présenté pour otage, Vous fûtes mieux instruit ?

LEUXIS.

Tout surprend à mon âgr.

Ce dessein courageux d'abord m'époiivanta. Elle m'en dit la cause; et mon cœur l'adopta.

La cause?

LE uxis.

Ah ! que ne puis-je en perdre la mémoire !

THÉO NI s.

On dit que du sénat elle attaque la gloire.

Elle attaque «n perfide, et vous le connaissez.

THÉONIS.

Quel est-il ?

A RC I RE.

Son silence en fait entendre assez.

Mais sans vouloir surprendre un aveu de sa bouclie . Interrogez sa mère; et sur ce qui la touche Elle s'expliquera mieux qvie vous ne voudrez.

THÉONIS.

Carde, qu'elle paraisse. Et vous, Leuxis, rentrez.

to8 \r. ISTOMÈNE.

SCÈ]NE VI.

L E O jN I 1 ) I . , 1 K s S K N A T K U R s , I. F, S G \ R D K S.

T H K o >' I S , h Li'nnidf.

\ oiis savez (Ir quel crinip on noircit votre gloire, Lt'onide. Étojiiié «l'une action si noire, Le sénat, par ma voix, va vous interroger; £t c'est sur votre aveu qu'il prétend vous juger. Votre fils devant nous a dépouille la feinte; Tmitez-le , madame, et réponde?, sans crainte.

(]'est donc vous qu'on choisit pour organe des lois ! K. mes accusateurs vous prêtez votre voix ! C'est pousser, je l'avoue, un peu loin l'assurance. A^ous aviez intérêt de garder le silence. Je veux bien cependant ne pas vous en punir, Et respecter le rang que vous osez tenir. V Sparte avec mon fils je me suis retirée. Là, contre mon époux je me suis déclarée; Et, par le seul péril qui pouvait l'étonner, J'ai voulu le forcer à vous abandonner. La rai.'ïon ; par égard je veux bien vous la taire. Pour vous, ])our vos amis ce n'est pas un mvstère. Epargnons- nous l'effort qu'il doit nous en coi'itcr, \ moi , pour vous confondre ; «î vous , pour m'écouter.

\ otre crime n'a rien qui nous doive confondre. Parlez.

1, KO?îIIIF..

Tous voulez donc me forcer à répondre?

Eh bien ! levez les veux, interrogez ces murs. Ils ont été témoins de ces complots obscurs Où la voix de la haine et tout l'art de l'envie Du vengeur de l'Etat ont attaqué la vie.

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