‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 80 sur 563 · ACTE III, SCENE VI. joç · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI. joç

De la discorde ici le feu s'est allumé. C'est dans ce sanctuaire enfin que fut tramé Le dessein de livrer votre dieu tutélaire Aux tyrans dont pour vous il bravait la colère. Il ne comprit jamais, vertueux sans effort, Qu'on fût ingrat sans honte et traître sans reniord : Sur la foi de son cœur trop simple et trop crédule. Il est sourd aux complots que le crime accumule; Mais sur lui, mais sur vous mes yeux étaient ouverts. J'ai vu qu'il se perdait, s'il eût brisé vos fers; J'ai vu qu'il réchauffait les serpents de l'envie. Je l'aime; j'ai voulu prendre soin de sa vie, Et, s'il était possible , étouffer de ma main Ces serpents contre lui ranimés dans son sein. Jugez-vous, et voyez si je fus bien instruite. Qui de vous osera condamner ma conduite ? Amis de la justice , amis de mon époux , Léarque , Eumène , A,rcire , Euriclès , est-ce vous ? Est-ce vous , Théonis , Dracon , Lysipe , Hercidé , Vous dont je prévenais le complot parricide ? Tout se tait, le coupable, et même l'innocent : Mais l'un sans s'émouvoir, et l'autre en frémissant. D'un front calme et serein l'un entend ma défense : Au-dessus du reproche, au-dessus de l'offense. Son cœur pur et tranquille est sur d'être honoré. L'autre , d'un noir tlépit en secret dévoré , N'ose lever sur moi son œil morne et farouche : La vérité l'accable et lui ferme la bouche. Quand j'aurai disparu sans doute il va tonner; Je ne dis plus qu'un mot, qui pourra l'étonner Je suis justifiée aux yeux d'Aristomène. Il m'aime , il vous connaît ; tremblez. Qu'on me remmène.

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