‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 89 sur 563 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ARISTOMÈNE, seul.

Où vais-je , malheureux ! Je ne me connais plus. L'horreur presse au hasard mes pas irrésohis. Le crime me poursuit, la vengeance m'appelle; La nature et l'amour sont d'accord avec elle. Je m'efforce à les vaincre , et frémis d'y céder. Arbitre de mon sort , je crains d'en décider. Léonide ! mon fils ! des bourreaux ! des supplices ! Je succombe. Il a donc comblé ses injustices, Ce sénat !... hors des murs je n'ai qu'à me montrer ; Dans la poudre à l'instant je le ferai rentrer : Il le sait ; pour asyle il prend la citadelle. Il me fait déjà craindre et traiter en rebelle. Si je l'étais , ingrats ! quel serait votre sort ? Je porte dans mes mains la ruine et la mort; A ma voix mille bras armés pour ma défense , Dans le sang, si je veux, vont laver mon offense; Cependant je suis libre, et ces murs sont ouverts! Cruels ! tremblez du moins , et me donnez des fers. Redoutez mon amour, ma douleur, ma colère; Je suis au désespoir, je suis époux et père.

iH ' ARISTOMÈNE.

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