‹ Œuvres complètes (volume 4)Chapitre 29 sur 162 · LIVRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IX

son avocat ; et il pressa Garville de ine mener chez lui , afin qu'il eût au moins , disait-il , la satisfaction de me remercier lui-même. Après mètre long-temps refusé à ses invitations, je m'y rendis enfin , et j'allai dîner une fois chez lui. Depuis , je ne l'avais point vu , quand je reçus ce billet de sa main. « Je viens, monsieur, de demander pour vous au roi la place d'historiographe de France, vacante par la mort de M. Duclos. Sa majesté vous l'a accordée. Je m'empresse de vous Tannoncer. Venez remercier le roi. »

Cette marque de faveur, dont la cause était inconnue, fit taire mes ennemis à la cour; et le duc de Duras qui n'avait pas sur la Belle et la Bête le même scrupule que le duc d'Aumont , me demanda en 1771 Zémire et Jzor pour le spectacle de Fontainebleau. Il y eut un succès inoui; mais ce ne fut pas sans avoir couru le risque d'y être bafoué. V Ami de la Maison, qui fut donné la même année à ce spectacle, y fut très-froidement reçu. Dès que j'en eus senti la cause , j'y remédiai ; et il eut à Paris même succès que Zémire et Azor. Ce sont de bien petites choses ; mais , comme elles m'ont intéressé , elles auront aussi quelque intérêt pour mes enfants.

Lorsque Zémire et Azoî' fut annoncé à Fontainebleau , le bruit courut que c'était le conte de la Belle et la Bête mis sur la scène , et que le principal personnage y marcherait à quatre pattes. Je laissais dire, et j'étais tranquille. J'avais donné,

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